Co-working mobile

Je n’ai jamais loué d’espace de travail lors de mes déplacements : je préfère les wagons-restaurants. J’ai déjà expliqué ici que j’aime écrire dans les trains. Le mouvement, le défilement du paysage, le balancement des wagons me paraissent propices à l’invention des idées. Une place y coûte le prix d’un café et le personnel ne pousse pas à la consommation.

Les heures du matin sont les plus favorables. Je me suis trouvé plusieurs fois dans des trains où toutes les tables étaient occupées par des gens piochant sur le clavier de leur ordinateur. On travaille davantage sur Bienne-Genève que sur Bienne-Zurich, comme si les gens qui partent en voyage s’envolaient plus souvent de Zurich que de Genève.

L’après-midi, c’est différent. Davantage de retraités de retour de balade. Ou de gens stressés, par exemple cette femme, très élégante, qui n’a pas cessé de parler fort au téléphone entre Zurich et Olten, et en gesticulant. Business is business, mais on la préférerait dans son bureau, porte fermée. Je n’ai pas toujours envie de porter des écouteurs pour couvrir le bruit des voix. Vers le soir, quand les gens rentrent du travail, le niveau sonore augmente avec les bières .

Où peut-on travailler quand on n’est pas chez soi et qu’on est descendu du train ? Les bibliothèques sont silencieuses comme des églises. Sinon, en milieu de matinée et d’après-midi, les restaurants des supermarchés sont très bien.