Dans l’air du temps

Byword aime WordPress

Je viens de lire dans le blog d’Alan Jacobs qu’on peut écrire des choses dans Byword et les publier via WordPress sans difficulté. Je l’ignorais et Je me fais maintenant un devoir de vérifier la chose.
Parce que cela change carrément la donne.
Reste à trouver la combine qui permet de faire cela depuis mon iPad. Pour cela, il faut trouver les commandes qui permettent d’exporter le texte vers Worpress, et je cherche, je cherche.
OK, touche ESC. Puis appuyer sur les trois points en haut à droite et on choisit « Publish ».

Il ne reste plus qu’à indiquer le nom du site, le nom de l’adminsitrateur et le mot de passe. Et ça fonctionne.

Merci Alan.

Acouphènes

J’ai dû donner mes appreils auditifs en révision aujourd’hui. Je les retrouverai dans une semaine. Qu’est-ce que je me réjouis ! Quand je les porte, mes acouphènes quittent le premier plan. Ils reculent de deux ou trois degrés. J’entends d’autres choses, le chant des oiseaux par exemple, et je comprends mieux ce qu’on me dit, parce que les appareils compensent les fréquences auquelles je suis devenu sourd.

En ce moment, mes acouphènes sont là, stables, forts, rectilignes d’une oreille à l’autre, un sifflement continu sur deux ou trois fréquences simultanées, combinées, stables et raides. Je repense aux téléviseurs des années soixante, qui sifflaient dès qu’on les allumait. C’est pareil, sur une fréquence probablement plus basse, parce que je n’entends plus les fréquences supérieures à 10 kHz. Je n’ai pas l’impression qu’elles me manquent. Ce qui me manque, c’est le silence des acouphènes. Ça va mieux la nuit, car j’ai appris à en faire abstraction, ou parce que leur intensité diminue, je ne sais pas.

Le jour où je n’entendrai plus mes acouphènes, je serai mort ou ressuscité, ma préférence allant au deuxième terme.

J’ai probablement détruit mes oreilles lors d’un concert de Frank Zappa à Berne dans les années 1980. Je me tenais à l’arrière de la salle, mais je me suis avancé dans le couloir latéral de droite pour aller aux WC ou chercher à boire, je ne sais plus. Il y a eu un moment où je me suis rendu compte que c’était trop. La musique m’arrivait dessus comme des blocs de béton. C’était fort à en atteindre une sorte d’abstraction de silence.

Les acouphènes ne sont pas apparus immédiatement. Ils ont attendu vingt ou trente ans pour s’inviter. Depuis, ils sont si bien installés que je ne peux plus espérer les voir s’en aller. Les sons que j’entends me parviennent comme à travers un solide grillage sonore.

Mais bon, ça ira mieux dans une semaine.

La technique, un système, un monde

La technique me donne à penser depuis longtemps. La photo de l’antenne de Chasseral, qui sert d’en-tête à ce blog, en témoigne à sa façon.

La technique est omniprésente, pas seulement à cause du nombre incalculable d’objets techniques dont nous nous entourons, mais parce qu’elle imprègne nos mentalités, parce qu’elle infléchit nos raisonnements. Elle n’est pas seulement dans le monde, elle est notre monde. Les problèmes qu’elle se pose sont toujours des problèmes techniques. Elle ramène tout à ça et c’est pourquoi elle pense avoir des solutions à tous les problèmes.

Il paraît impossible d’en sortir, pour deux raisons.

Tout d’abord, la technique n’est pas simplement un élément parmi d’autres, dispensable et facultatif. la tehnique est un système et, en tant que système, elle « sait » s’adapter aux circonstances, aux défis; elle se renouvelle, trouve des solutions, se maintient et croît. C’est parce qu’elle nous englobe qu’il est si difficile de la penser comme phénomène global.

La deuxième raison est qu’elle a des racines extrêmement profondes en Occident, car elle est l’accomplissement de la métaphysique occidentale. Ces grands mots peuvent surprendre d’agissant de la technique, mais elle trouve son origine dans une certaine attitude que les philosophes des XVIe et XVIIe siècles ont théorisée, une conception issue de Descartes, entre autres, qui oppose la pensée, comprise comme l’essence même de l’homme, à tout le reste : « l’étendue », la matière, le monde extérieur, la nature. La pensée a mission de comprendre, de mesurer, de maîtriser ce qui est devant elle et s’oppose à elle. Du coup, la philosophie se fait science, vise la pratique, la transformation des choses, la maîtrise des lois naturelles pour les utiliser à notre profit, par exemple en comprenant l’origine des maladies et en produisant remèdes, parades et protections. Tout devient objet de pensée, objet pour la pensée, et c’est tellement efficace qu’à l’arrivée, il n’y a plus rien que des objets, tout a été transformé en objets. C’est très résumé, mais ça donne l’idée.

Avec cette double caractéristique d’être un système et de réaliser dans les choses l’aboutissement de métaphysique, le système technicien est solide et se présente comme un accomplissement tellement enviable qu’il a pris sur toute la face de la terre.

On peut s’en féliciter, mais on doit aussi interroger ce phénomène.

Comment s’y prendre ? Est-ce même possible ?

Oui, à condition de s’en extraire pour développer la possibilité de penser autrement non seulement la technique, mais aussi l’existence humaine, la nature, notre vie. Tant qu’on ne sort pas du monde, littéralement, pour trouver un point d’ancrage qui lui échappe, une réalité à l’aide de laquelle on puisse faire de la technique elle-même un objet de pensée, évaluable et démontable, c’est impossible.

Sans un transcendant, la critique de la technique est impossible.

« Le Transcendant {…) est la présupposition sans laquelle l’idée même d’une extranéité par rapport à la Technique moderne n’est pas possible. »

Jacques Ellul, Théologie et technique, Labor et Fides, 2015, p. 121.

Ellul l’a trouvé dans la révélation biblique, commme on l’a vu l’autre jour.

Est-ce à dire que la technique est déjà dans la Bible ? Peut-être bien, mais pas de la manière dont on s’y attend :

« La technique n’est pas le fruit du péché, mais le produit de la situation où le péché a mis l’homme, c’est-à-dire le règne de la nécessité. La technique est le nouveau milieu de l’homme, le nouveau sacré de l’homme, dont nous sommes tous des dévots idolâtres. »

Frédéric Rognon, introduction à Théologie et technique.

Il faudra y revenir.

Photo by Marvin Meyer on Unsplash. Mais encore une fois, la technique, c’est beaucoup plus que les ordinateurs.

Un choc, quand même

C’est quand même un choc de lire ceci sous la plume de Jacques Ellul, à la page 19 de ce livre :

Le Vouloir et le Faire

L’explication doit se faire à visage découvert. J’avouerai donc que dans cette étude et cette recherche, le critère de ma pensée est la révélation biblique; le contenu de ma pensée est la révélation biblique; le point de départ m’est fourni par la révélation biblique; la méthode est la dialectique selon laquelle nous est faite la révélation biblique; et l’objet est la recherche de la signification de la révélation biblique sur l’Éthique.

On ne lit pas fréquemment ce genre de déclaration. Mais qu’est-ce que ça fait du bien !

Tant qu’à faire…

Tant qu’à faire, il faut faire, il faut se donner cette exigence, jour après jour, de poser les mots après les mots pour  garder vivant ce processus bizarre qu’est l’écriture. Comme une création qui doit se poursuivre indéfiniment pour ne pas retomber dans le néant. Et donc, sans l’avoir délibéré, prévu ni planifié, poser un mot après l’autre pour dévoiler la suite de l’histoire, de la réflexion, de l’invention. Si je renonce à cette exigence, je me laisse aller à ma pente paresseuse, je renonce à avancer et à découvrir ce que ma phrase va, en fin de compte, exprimer, rendant la suivante possible, et une autre après elle. L’histoire, la réflexion, la découverte ne viennent pas toutes seules : il faut tirer sur le fil pour alimenter la suite, comme la personne qui tricote continue de tirer sur sa pelote pour augmenter le pull d’une rang, puis d’un autre, jusqu’à ce qu’il soit complètement réalisé. Sauf qu’elle a un projet précis, un patron, un modèle. Tel n’est pas toujours le cas dans le processus de l’écriture.

Dans la création, le processus est plus important que le résultat final. Impossible de produire de l’excellent à tous les coups. Il y a des échecs, des ratages, des amélirations, quelques réussites encourageantes. Je le vois en tant que participant aux défis hebdomadaires du site 52frames, qui propose aux gens qui aiment la photo de poster chaque semaine une image prise la semaine même, sur un thème imposé. Un compteur automatique indique le nombre de semaines consécutives pendant lesquelles on a relevé le défi. Les participants sont invités à commenter les photos des autres, et une forme de communauté se créée. On voit bien que toutes les photos postées par les autres ne sont pas des chefs-d’oeuvre, et du coup on se gêne moins d’envoyer une image moyenne.

Mais mieux vaut une image moyenne, ou faible, que rien du tout : voilà le secret. 

Réamorçage

Ce n’est pas qu’il ne se passe rien dans le monde, ni qu’il n’y ait rien à dire sur le coronavirus et le confinement qu’on nous demande d’observer. La planète s’est arrêtée, le pétrole coûte moins que rien, les services de santé sont au front, et les gens qui guérissent du Covid-19 témoignent qu’ils ont passé par des moments très difficiles. Étant moi-même une “personne à risque”, je reste prudent. Je vais quand même courir, tôt le matin, à la campagne, dans des lieux où je ne croise, exceptionnellement, que d’aussi vieux que moi. Je serais malvenu de me plaindre, j’ai de l’espace en suffisance chez moi. Je ne vais pas faire exprès d’aller m’exposer dans des endroits où je risquerais ensuite d’infecter d’autres que moi.

Mon petit souci est différent. Le confinement fait tourner mon moteur d’écrivain au ralenti. Le roman auquel je travaille a de la peine à avancer. Je ne peux ni visiter les endroits que j’ai choisis comme cadres de l’action, ni rencontrer des gens pour me renseigner sur leur travail, les observer quand ils y sont, respirer les ambiances, prendre des notes, capter des images. J’ignore quand cela redeviendra possible. Sans ces aliments extérieurs, ma progression est à la peine. À cela s’ajoutent des engagements et des responsabilités qui, tout à coup, réclament toute mon attention et toute mon énergie. Les vidéoconférences sont précieuses pour garder le contact avec ses proches éloignés (curieuse expression), mais aussi des outils qui vous obligent à danser sur des musiques que vous n’auriez pas choisies. Voilà comment je perds la paix et la sérénité, la distance et la disponibilité dont j’ai besoin pour écrire. Je voudrais faire taire les soucis du dehors, mais ils ne m’entendent pas. Je ne parviens pas à m’anesthésier pour les oublier, et même si j’en étais capable, je craindrais que cette anesthésie ne s’étende aux choses dont j’ai besoin pour écrire.

Soucis de luxe, j’en conviens, mais comme une partie du sens de mon existence vient du travail avec l’écriture, je décide de reprendre ce blog, de me contraindre à écrire quelque chose et à le publier ici, quitte à parler de tout et de n’importe quoi pour réamorcer la pompe. La suite viendra, je l’espère, plus facilement.

Photo by Jen Theodore on Unsplash

Pomodoro – pour surmonter les blocages

Pas grand-chose à voir avec les tomates, sauf si la minuterie de cuisine en a la forme…

Original téléversé par Erato sur Wikinews italien. — Transféré de it.wikinews à Commons par Fale utilisant CommonsHelper., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4719295

La technique Pomodoro est une astuce pour surmonter un blocage quand on est en panne “créative”. Panne d’inspiration, panne du désir ou de l’envie de se mettre au travail : parce qu’il y a tellement d’autres choses qu’il faudrait faire, ou parce qu’on ne sait pas comment aborder une tâche difficile ou complexe. Je l’utilise souvent quand je suis dans cette situation, et je trouve qu’elle est efficace.

Elle consiste à se décider de se mettre au travail pour une durée limitée, typiquement de 25 minutes. On enclenche une minuterie de cuisine ou tout autre dispositif comparable pour 25 minutes et on se met au travail aussitôt. C’est plus facile, parce qu’après les 25 minutes fatidiques, on sera libre d’arrêter, ou de continuer si la motivation est revenue. La plupart du temps, c’est ce qui se passe. Et on peut alors continuer le processus en ajoutant une nouvelle période de 25 minutes.

Il est recommandé de faire une pause de cinq minutes après chaque périodde de 25 minutes. Temps de repos, occasion de se demander si on va continuer ce qu’on a entrepris ou passer à autre chose. De même, après trois périodes de travail consécutives, on devrait s’accorder un quart d’heure de pause.

Si vous vous sentez plus à l’aise avec des périodes detrente minutes, ce n’est pas un problème. D’après les spécialistes de la technique Pomodoro, 25 minutes sont l’idéal.

La prochaine fois que vous n’aurez pas envie de vous mettre au travail, essayez. Ça ne vous engage que pour 25 minutes.

Contacts à problèmes

Les contacts problématiques sont irritants, même quand il s’agit de ceux des appareils électroniques. Je suis confronté à deux accessoires récalcitrants.

Le premier, c’est le clavier de mon iPad, un clavier Apple qui sert en même temps d’étui. J’ai mis du temps à me faire à l’utilisation de ce “Smart Keyboard”, mais une fois l’habitude prise, c’est un bon outil. Sauf quand il refuse de fonctionner, en affichant un message disant que “cet accessoire ne fonctionne pas avec cet appareil”, ce qui est évidemment faux, parce qu’il a longtemps fonctionné avec cet appareil, pour lequel il est d’ailleurs expressément conçu. Mais voilà, le contact se fait mal entre le clavier et la tablette. En réessayant plusieurs fois, on parvient à le faire fonctionner… de moins en mois souvent, et de moins en moins bien : intermittences, ralentissements, erreurs. La confiance est rompue.

J’ai trouvé un dépannage sur un forum. Constatant que tout clavier neuf fonctionne sans problème, un utilisateur en a déduit que le clavier utilise un système de connection activé par un aimant et que ce contact se fatigue au point que l’aimant activateur situé dans la tablette ne suffit plus. Dès lors, au moment de raccorder le clavier à la tablette, il faut frotter le clavier avec un aimant au-dessus des touches 1 et 2 pour qu’il se connecte à nouveau – pendant un certain temps. Il faut renouveler l’opération le lendemain, et ainsi de suite. La confiance n’est pas rétablie.

Mon clavier, acheté il y a trois ans, n’est plus sous garantie. Sur les forums, je constate que je suis loin d’être le seul à rencontrer ce problème. Le vrai dépannage serait qu’Apple reconnaisse un défaut de conception et remplace ces claviers sans discussion.

Il y a du nouveau. J’ai signalé le problème le 3 novembre au service après-vente d’Apple et je viens de recevoir un clavier de remplacement. Sans frais, pour autant que les techniciens constateront effectivement le défaut. Magnifique ! …à un détail près : c’est un clavier américain, pas un clavier suisse. J’ai l’habitude de taper presque à l’aveugle et l’inversion du Z et de l’Y ne me gêne pas. Mais les caractères accentués ne sont pas visibles, et les signes de ponctuation, parenthèses, les &%Ç, § et autres $£! ne sont pas au bon endroit. J’ai retourné le clavier défectueux en demandant qu’on me renvoie un clavier avec la disposition des touches dont j’ai l’habitude.

Le deuxième, c’est une paire d’écouteurs Bose SoundSport Free Wireless, que je porte quand je vais courir Ils sont excellents, mais la recharge devient de plus en plus aléatoire à cause d’un mauvais contact entre l’écouteur de droite et la boîte de recharge, malgré mes nettoyages répétés. Ils sont encore sous garantie, et je vais les faire remplacer. Pour la deuxième fois.

Bonne nouvelle (fin novembre) : ils ont été remplacés sous garantie par Microspot, qui m’a même fait parvenir une copie du bulletin de livraison qui sert de garantie, et que je n’avais pas conservé. Merci à eux.

Le temps perdu à s’irriter et à faire ces démarches, lui, ne sera pas remplacé. Les vieux outils étaient plus durables.

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