Dans l’air du temps

Écrire

Byword aime WordPress

Je viens de lire dans le blog d’Alan Jacobs qu’on peut écrire des choses dans Byword et les publier via WordPress sans difficulté. Je l’ignorais et Je me fais maintenant un devoir de vérifier la chose.
Parce que cela change carrément la donne.
Reste à trouver la procédure qui permet de faire cela depuis mon iPad. Pour cela, il faut trouver les commandes qui permettent d’exporter le texte vers Worpress, et je cherche, je cherche.
OK, touche ESC. Puis appuyer sur les trois points en haut à droite et on choisit « Publish ».

Il ne reste plus qu’à indiquer le nom du site, le nom de l’administrateur et le mot de passe. Et ça fonctionne.

Merci Alan.

Tant qu’à faire…

Tant qu’à faire, il faut faire, il faut se donner cette exigence, jour après jour, de poser les mots après les mots pour  garder vivant ce processus bizarre qu’est l’écriture. Comme une création qui doit se poursuivre indéfiniment pour ne pas retomber dans le néant. Et donc, sans l’avoir délibéré, prévu ni planifié, poser un mot après l’autre pour dévoiler la suite de l’histoire, de la réflexion, de l’invention. Si je renonce à cette exigence, je me laisse aller à ma pente paresseuse, je renonce à avancer et à découvrir ce que ma phrase va, en fin de compte, exprimer, rendant la suivante possible, et une autre après elle. L’histoire, la réflexion, la découverte ne viennent pas toutes seules : il faut tirer sur le fil pour alimenter la suite, comme la personne qui tricote continue de tirer sur sa pelote pour augmenter le pull d’une rang, puis d’un autre, jusqu’à ce qu’il soit complètement réalisé. Sauf qu’elle a un projet précis, un patron, un modèle. Tel n’est pas toujours le cas dans le processus de l’écriture.

Dans la création, le processus est plus important que le résultat final. Impossible de produire de l’excellent à tous les coups. Il y a des échecs, des ratages, des amélirations, quelques réussites encourageantes. Je le vois en tant que participant aux défis hebdomadaires du site 52frames, qui propose aux gens qui aiment la photo de poster chaque semaine une image prise la semaine même, sur un thème imposé. Un compteur automatique indique le nombre de semaines consécutives pendant lesquelles on a relevé le défi. Les participants sont invités à commenter les photos des autres, et une forme de communauté se créée. On voit bien que toutes les photos postées par les autres ne sont pas des chefs-d’oeuvre, et du coup on se gêne moins d’envoyer une image moyenne.

Mais mieux vaut une image moyenne, ou faible, que rien du tout : voilà le secret. 

Réamorçage

Ce n’est pas qu’il ne se passe rien dans le monde, ni qu’il n’y ait rien à dire sur le coronavirus et le confinement qu’on nous demande d’observer. La planète s’est arrêtée, le pétrole coûte moins que rien, les services de santé sont au front, et les gens qui guérissent du Covid-19 témoignent qu’ils ont passé par des moments très difficiles. Étant moi-même une “personne à risque”, je reste prudent. Je vais quand même courir, tôt le matin, à la campagne, dans des lieux où je ne croise, exceptionnellement, que d’aussi vieux que moi. Je serais malvenu de me plaindre, j’ai de l’espace en suffisance chez moi. Je ne vais pas faire exprès d’aller m’exposer dans des endroits où je risquerais ensuite d’infecter d’autres que moi.

Mon petit souci est différent. Le confinement fait tourner mon moteur d’écrivain au ralenti. Le roman auquel je travaille a de la peine à avancer. Je ne peux ni visiter les endroits que j’ai choisis comme cadres de l’action, ni rencontrer des gens pour me renseigner sur leur travail, les observer quand ils y sont, respirer les ambiances, prendre des notes, capter des images. J’ignore quand cela redeviendra possible. Sans ces aliments extérieurs, ma progression est à la peine. À cela s’ajoutent des engagements et des responsabilités qui, tout à coup, réclament toute mon attention et toute mon énergie. Les vidéoconférences sont précieuses pour garder le contact avec ses proches éloignés (curieuse expression), mais aussi des outils qui vous obligent à danser sur des musiques que vous n’auriez pas choisies. Voilà comment je perds la paix et la sérénité, la distance et la disponibilité dont j’ai besoin pour écrire. Je voudrais faire taire les soucis du dehors, mais ils ne m’entendent pas. Je ne parviens pas à m’anesthésier pour les oublier, et même si j’en étais capable, je craindrais que cette anesthésie ne s’étende aux choses dont j’ai besoin pour écrire.

Soucis de luxe, j’en conviens, mais comme une partie du sens de mon existence vient du travail avec l’écriture, je décide de reprendre ce blog, de me contraindre à écrire quelque chose et à le publier ici, quitte à parler de tout et de n’importe quoi pour réamorcer la pompe. La suite viendra, je l’espère, plus facilement.

Photo by Jen Theodore on Unsplash

Pomodoro – pour surmonter les blocages

Pas grand-chose à voir avec les tomates, sauf si la minuterie de cuisine en a la forme…

Original téléversé par Erato sur Wikinews italien. — Transféré de it.wikinews à Commons par Fale utilisant CommonsHelper., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4719295

La technique Pomodoro est une astuce pour surmonter un blocage quand on est en panne “créative”. Panne d’inspiration, panne du désir ou de l’envie de se mettre au travail : parce qu’il y a tellement d’autres choses qu’il faudrait faire, ou parce qu’on ne sait pas comment aborder une tâche difficile ou complexe. Je l’utilise souvent quand je suis dans cette situation, et je trouve qu’elle est efficace.

Elle consiste à se décider de se mettre au travail pour une durée limitée, typiquement de 25 minutes. On enclenche une minuterie de cuisine ou tout autre dispositif comparable pour 25 minutes et on se met au travail aussitôt. C’est plus facile, parce qu’après les 25 minutes fatidiques, on sera libre d’arrêter, ou de continuer si la motivation est revenue. La plupart du temps, c’est ce qui se passe. Et on peut alors continuer le processus en ajoutant une nouvelle période de 25 minutes.

Il est recommandé de faire une pause de cinq minutes après chaque périodde de 25 minutes. Temps de repos, occasion de se demander si on va continuer ce qu’on a entrepris ou passer à autre chose. De même, après trois périodes de travail consécutives, on devrait s’accorder un quart d’heure de pause.

Si vous vous sentez plus à l’aise avec des périodes detrente minutes, ce n’est pas un problème. D’après les spécialistes de la technique Pomodoro, 25 minutes sont l’idéal.

La prochaine fois que vous n’aurez pas envie de vous mettre au travail, essayez. Ça ne vous engage que pour 25 minutes.

Contacts à problèmes

Les contacts problématiques sont irritants, même quand il s’agit de ceux des appareils électroniques. Je suis confronté à deux accessoires récalcitrants.

Le premier, c’est le clavier de mon iPad, un clavier Apple qui sert en même temps d’étui. J’ai mis du temps à me faire à l’utilisation de ce “Smart Keyboard”, mais une fois l’habitude prise, c’est un bon outil. Sauf quand il refuse de fonctionner, en affichant un message disant que “cet accessoire ne fonctionne pas avec cet appareil”, ce qui est évidemment faux, parce qu’il a longtemps fonctionné avec cet appareil, pour lequel il est d’ailleurs expressément conçu. Mais voilà, le contact se fait mal entre le clavier et la tablette. En réessayant plusieurs fois, on parvient à le faire fonctionner… de moins en mois souvent, et de moins en moins bien : intermittences, ralentissements, erreurs. La confiance est rompue.

J’ai trouvé un dépannage sur un forum. Constatant que tout clavier neuf fonctionne sans problème, un utilisateur en a déduit que le clavier utilise un système de connection activé par un aimant et que ce contact se fatigue au point que l’aimant activateur situé dans la tablette ne suffit plus. Dès lors, au moment de raccorder le clavier à la tablette, il faut frotter le clavier avec un aimant au-dessus des touches 1 et 2 pour qu’il se connecte à nouveau – pendant un certain temps. Il faut renouveler l’opération le lendemain, et ainsi de suite. La confiance n’est pas rétablie.

Mon clavier, acheté il y a trois ans, n’est plus sous garantie. Sur les forums, je constate que je suis loin d’être le seul à rencontrer ce problème. Le vrai dépannage serait qu’Apple reconnaisse un défaut de conception et remplace ces claviers sans discussion.

Il y a du nouveau. J’ai signalé le problème le 3 novembre au service après-vente d’Apple et je viens de recevoir un clavier de remplacement. Sans frais, pour autant que les techniciens constateront effectivement le défaut. Magnifique ! …à un détail près : c’est un clavier américain, pas un clavier suisse. J’ai l’habitude de taper presque à l’aveugle et l’inversion du Z et de l’Y ne me gêne pas. Mais les caractères accentués ne sont pas visibles, et les signes de ponctuation, parenthèses, les &%Ç, § et autres $£! ne sont pas au bon endroit. J’ai retourné le clavier défectueux en demandant qu’on me renvoie un clavier avec la disposition des touches dont j’ai l’habitude.

Le deuxième, c’est une paire d’écouteurs Bose SoundSport Free Wireless, que je porte quand je vais courir Ils sont excellents, mais la recharge devient de plus en plus aléatoire à cause d’un mauvais contact entre l’écouteur de droite et la boîte de recharge, malgré mes nettoyages répétés. Ils sont encore sous garantie, et je vais les faire remplacer. Pour la deuxième fois.

Bonne nouvelle (fin novembre) : ils ont été remplacés sous garantie par Microspot, qui m’a même fait parvenir une copie du bulletin de livraison qui sert de garantie, et que je n’avais pas conservé. Merci à eux.

Le temps perdu à s’irriter et à faire ces démarches, lui, ne sera pas remplacé. Les vieux outils étaient plus durables.

La machine à écrire mécanique comme outil révoutionnaire

J’ai déjà dit que je suis fier de ma dernière acquisition, une Hermes 3000 fabriquée en 1968. Mon plaisir est entier. Et comme j’ai de la peine à utiliser quoi que ce soit sans me renseigner pour savoir comment d’autres s’en servent, j’ai fait quelques recherches et je suis tombé sur ce manifeste :

Cliquez ici pour une traduction française et une interprétation fort instructive du manifeste (en anglais).

L’auteur du manifeste, Richard Polt, professeur de philosophie dans une université américaine, a également écrit l’ouvrage de référence du mouvement : The Typewriter Revolution dont je recommande l’acquisition à tout passionné des machines à écrire maîtrisant l’anglais.

Une culture se développe autour des nouveaux usages de la machine à écrire. Il existe un joli documentaire assez nostalgique, California Typewriter. C’est l’histoire d’un petit atelier de réparation de machines à écrire, dans laquelle on rencontre aussi Tom Hanks et d’autres personnages étonnants. Ces machines sont aussi des instruments de musique, comme le prouve le Boston Typewriter Orchestra.

La voici en outil de poésie, en mai dernier, à proximité de Central Park à New York : free poetry dans la rue, composée pour une personne, sur le moment.

Il ne s’agit donc pas de retrouver les anciens usages de la machine à écrire. Les ordinateurs sont beaucoup plus efficaces pour produire des documents : correction facilitée, réorganisation du texte, modules de correction orthographiques et stockage en ligne  : qui dit mieux ? Mais la vieille machine mécanique a des caractéristiques qui deviennent fascinantes aujourd’hui :

  • elle n’utilise pas de courant électrique
  • elle n’est pas systématiquement en ligne
  • elle n’a pas besoin de mises à jour
  • elle m’appartient à partir du moment où je l’ai achetée, contrairement aux traitements de texte, pour lesquels je ne dispose que du droit de les utiliser contre paiement (ou abonnement)
  • elle est une petite prouesse de belle mécanique qui ne s’use pas facilement
  • on trouve encore des rubans, des réparateurs et des pièces de rechange
  • le texte produit ne risque pas d’être perdu à cause d’une panne de disque dur ou de celle d’un lointain serveur.

La machine à écrire devient un outil de création, d’une création qui se fait en dehors des circuits de l’information, qui échappe au Big Data et aux robots des moteurs de recherche. Avec elle, on écrit différemment, ne serait-ce que parce qu’elle oblige à écrire de manière réfléchie, car quand je tape, la lettre s’imprime sur le papier, nette et sans retour possible, sauf à la recouvrir de xxxxx pour la biffer. Le texte produit est un original, alors que ce qui sort de mon imprimante n’est jamais qu’une copie de quelque chose dont l’original est insaisissable.

Voilà pourquoi la machine à écrire est devenue un outil révolutionnaire. Mais oui.

Régressif

Longtemps, j’ai voulu me tenir à la pointe de ce que la technologie permettait de faire. J’étais fasciné par l’informatique, même si j’ai attendu 1987, je crois, pour acheter mon premier ordinateur, un Mac Plus, dont le prospectus disait qu’il était une puissante séduction. Il ne mentait pas sur la séduction.

Il a d’un coup déclassé ma belle IBM Selectric noire avec touche de correction, ronronnante et crépitante quand la boule frappait le papier. Elle avait succédé à une Olivetti Studio 44 que je tenais de mon père, et qui m’a accompagné durant mes études et au-delà.

J’ai aimé tous mes ordinateurs, même l’atroce Performa 630, si mal nommé, mais j’avais craqué parce qu’il était doté d’un lecteur de CD-ROM. Et il y a eu les réseaux, le vidéotex d’abord, pâle version suisse du Minitel, que j’utilisais pour du telebanking et des discussions passionnées dans des forums. Peu à peu, avec un modem, j’ai pu aller en ligne avec l’ordinateur, à un moment où les communications téléphoniques coûtaient cher : mon premier provider était à Genève, et les PTT taxaient massivement les communications non locales. C’était avant l’apparition de Netscape, le premier navigateur web. Google était inconnu. Le premier moteur de recherche efficace s’appelait Altavista. Sur les forums, l’ambiance était à l’entraide, à la découverte, sans messages publicitaires. Il y avait des codes de bonne conduite et ils étaient respectés. Je me souviens de mon émotion la première fois où j’ai réussi à envoyer un email avec mon Newton relié à un Nokia : c’était magique.

Quand j’y repense, j’ai le sentiment d’avoir vécu une belle histoire – mais c’était la préhistoire. Aujourd’hui, tout le monde est connecté en permanence, nous avons des smartphones bien plus puissants que les ordinateurs d’autrefois, la possibilité instantanée de tout voir, tout écouter, tout lire, l’accès à tous les musées et à tous les commerces, et des “amis” à n’en plus finir à qui on se sent tenu de prouver qu’on est une personne exceptionnelle qui vit des choses incroyables. On nous répète que ces machines sont le meilleur moyen de tout faire, d’apprendre, de communiquer, de gérer sa vie, de réserver ses vacances, de faire du sport et de trouver l’amour. Avec des dérives invraisemblables, des moyens de surveillance intrusifs, au service d’on ne sait qui. Vient alors le moment où on sent monter la nausée, avec le désir de se détacher, de laisser des appareils et de travailler à nouveau avec les moyens d’avant tout ça, simples, matériels, pesants, comme le papier, les fiches, les crayons, et la machine à écrire mécanique.

Écrire, dessiner, lire, sans que tout parte aussitôt dans tel ou tel cloud pour y être disséqué et profilé, quelle libération, quelle délivrance ! Je continue d’avoir un ordinateur, une tablette, un smartphone. Je les utilise de moins en moins, et je me sens de mieux en mieux.

Premiers échos

La parution de Chasseral love m’a donné l’occasion de parler lors de la Soirée littéraire du 4 juin à Bienne, puis lors du vernissage “officiel” du livre, qui s’est tenu le 7 juin dans l’antenne même à Chasseral, avec près de 50 personnes. Que du bonheur. Les gens étaient souriants et nous avons passé un excellent moment.

Dans son numéro du 4 juillet, l’hebdomadaire français Réforme a proposé Chasseral love parmi ses recommandations de lecture pour l’été. À lire ici.

Le 13 juin, j’ai été invité à la Matinale de RJB. Vous pouvez écouter l’interview ici.

Capture d'écran à partir du site de RJB

Le 14 juin, cet article dans le Journal du Jura. Et le 22 août, celui-ci dans Biel Bienne.

Le 24 octobre, cet article dans le Quotidien Jurassien (© reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien) :

Retour en haut